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Saison VTT : Absalon : “Je déteste l'improvisation..."

19 janvier 2013 - 10:47

Saison VTT : Absalon : “Je déteste l'improvisation..."..............universalbikeracing

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après six années pour Orbea, Julien Absalon est depuis le 1er janvier membre de l’équipe BMC Racing. Lors du stage France aux Gets la semaine dernière, il a pris le temps de faire le point sur cette saison qui arrive. Confessions…

Saison VTT : Absalon : “Je déteste l'improvisation...Tu as couru ta dernière épreuve sous le maillot Orbea lors de la Méga de la Réunion. Au moment de passer la ligne, quel était l’état d’esprit ?
J’étais vraiment très cool ! C’est toujours un plaisir de se retrouver là-bas, au soleil et entre potes, c’est toujours de bons moments. Je n’allais pas forcément là-bas pour la course. Malgré tout, même dans une approche plus décontractée, ça m’apporte beaucoup de rouler avec des pilotes comme Rémy, Gracia ou Golay. Tu apprends des choses ! Mine de rien, c’est quand même une semaine d’entraînement. Je n’avais pas forcément pensé à l’arrivé que c’était ma dernière course avec Orbea…

Six années avec Bianchi, autant avec Orbea, quel bilan tires-tu de toute cela ?

Bianchi j’étais jeune, c’était une excellente formation. C’était l’idéal d’être dans cette équipe en étant jeune. J’ai pu apprendre le métier avec eux, l’équipe était professionnelle. Avec eux, j’ai appris la rigueur et le sérieux. Je suis arrivé là-bas en 2001, j’étais juste champion du monde juniors (1998) et j’ai gagné ma première Coupe du monde avec eux à Durango la même année. L’apothéose a été le titre olympique à Athènes. Je suis arrivé chez Orbea début 2007 et j’étais au sommet de la hiérarchie. J’ai du apporter tout ce que l’on m’avait appris. Orbea n’était pas une équipe structurée, il voulait monter une grosse équipe mais ce n’était pas encore le cas à l’époque. 


C’est aussi ta période la plus faste entre 2007 et 2012 (17 victoires en Coupe du monde).

J’étais capable de gagner cinq Coupes du monde sur sept et de remporter le général avant même la finale. C’était des grandes époques qui n’existent plus. je veux dire par là que personne ne domine comme ça aujourd’hui. 
L’an dernier, Nino Schurter a aussi dominé toute la saison. Mais il ne lui aura manqué qu’une course…
En 2011, Kulhavy avait dominé (5 étapes de Coupe du monde, championnat d’Europe et du monde) et l’an passé c’était Schurter. Pour l’instant, il n’y a pas de continuité dans la domination d’un pilote. Mais c’est clair que sur 2012, l’homme fort c’est Schurter !
Saison VTT : Absalon : “Je déteste l'improvisation...Il y a un moment ou tu t’es dit, ça y est je suis coureur BMC à 100 % ?
Je ne sais pas si je réalise encore. Six années dans une équipe, c’est long et là ça ne fait qu’attaquer ! Quand je baisse la tête (il portait un sweat BMC), je m’aperçois que je suis coureur BMC (rires) ! A la première course, je serais complètement dedans ! 


Beaucoup de choses vont changer pour toi, et notamment l’était d’esprit de la marque. Après l’Italie et l’Espagne, la rigueur germanique de la suisse est bien différente ! 


Oui mais ça me correspond ! Ils ont la rigueur germanique mais le côté cool des Français, donc ça me va bien. Depuis le Roc d’Azur, j’ai déjà été plusieurs fois à l’usine. J’aime bien tout calculer, tout planifier. Cette rigueur, je l’avais à la base et c’est ce qu’il me faut. Le sport ne haut niveau ne s’improvise pas. Je déteste l’improvisation. J’aime bien savoir ou je vais longtemps à l’avance. 


Tu te retrouves aussi dans une équipe à fort concurrence, et ça aussi, c’est nouveau !

Il y a une forte concurrence, certes. Je pense que sur le papier, on va être Numéro un mondial chez les hommes ! Il n’y a pas beaucoup d’équipe avec quatre coureurs capable d’être dans le top dix de la Coupe du monde (Absalon-Milatz-Naef-Flückiger). On va pouvoir monter quelques stratégies d’équipe sur les courses internationales ! 
Justement, elle va ressembler à quoi cette stratégie ? 
Je pense surtout que sur des moments de course, on pourra jouer un peu de stratégie d’équipe. A la fin, on fera comme d’habitude, c’est le meilleur qui ira gagner… 

Saison VTT : Absalon : “Je déteste l'improvisation...Au niveau du matériel aussi, c’est la grande révolution ! A l’arrivée des Mondiaux, tu parlais du 29 pouces alors que jusqu’à présent tu étais réfractaire !

Le 29 pouces m’a enchanté. J’ai fait des tests intéressants et la géométrie du vélo me convient parfaitement. Je vais faire une grande partie de la saison en 29 pouces. Après je peux repasser en 26’’ si je le souhaite. Si l’on prend toute les manches de Coupe du monde, je ne vois qu’un seul circuit ou le 26’’ pourrait être plus performant, c’est Albstadt (ouverture du circuit international les 18/19 mai). Le reste de la saison se déroulera avec les grandes roues. J’ai aussi compris certaines choses, et notamment pourquoi je n’arrivais pas à garder ma vitesse en descente. En roulant en 29’’, j’ai compris. Le vélo passe mieux, le vélo ne perd pas de vitesse… J’ai été souvent en galère à cause de ça, notamment sur les derniers Championnats du monde. 


Justement cette première Coupe du monde, on ne dira pas qu’elle est en “Pays BMC” mais presque. est-ce qu’il y aura une pression particulière ? 


Quand on change d’équipe, on a envie de prouver tout de suite que les gens ont bien fait de nous accorder leur confiance. 
Tu as été champion du monde dans chacune de tes équipes, chez les juniors avec Scott (1998), en espoirs (2001-2002) puis en élites avec Bianchi (2004-2006) et enfin chez Orbea (2007). Alors, la série continue ? 
(Il rigole) Alors j’espère que les statistiques ne vont pas mentir et que je vais continuer alors !
L’an passé, ton abandon aux Jeux a fait l’objet de beaucoup de critiques. Comment l’as tu vécu ?
Saison VTT : Absalon : “Je déteste l'improvisation...Avec beaucoup de recul. Je comprends les gens qui n’ont pas compris que j’abandonne ! Les critiques venaient de gens qui ne connaissent pas forcément le sport de haut niveau. Quand tu t’entraînes des années pour chercher une médaille, n’en déplaise à Pierre de Coubertin tu ne vas pas aux Jeux pour y participer. Il faut arrêter de ce raconter des histoires. Après tout, je ne blâme personne et je ne me suis pas miné le moral pour ça. En 2008, j’avais déjà été critiqué quand j’ai abandonné les Mondiaux alors que je sortais de quatre titres d’affilée. C’est le sport de haut niveau, tu es vite encensé mais aussi vite descendu. Certains journalistes sont comme ça aussi. 

Cette saison post-olympique reprend deux mois plus tard qu’en 2012. On imagine que cela doit forcément en modifier l’approche? 


J’aurais aimé plus de neige chez moi pour faire plus de ski ! J’ai donc repris l’entraînement correctement. La douceur qui régnait jusqu’à présent m’a permis de faire pas mal de test matos. J’ai pas mal d’heure avec le 29’’ BMC. C’est important d’accumuler des heures étant donné que tout mon équipement changé. j’étais Sram, je passe Shimano (il avait utilisé la marque nippone jusqu’en 2004, année de son titre olympique et de son premier titre mondial). Je roulais avec Rockshox et j’aurais désormais une Fox. Je passe en pneu Continental (contre Hutchinson l’an passé) et les roues DT Swiss (contre Mavic). Je garde mes Sidi et les Oakley, c’est bien tout ce qui reste ! 


Quel sera ton programme de course ? 


Contrairement à d’habitude, je ne vais pas à Banyoles (10 mars). Je vais reprendre le week-end suivant à Cassis. Il va falloir réussir à ne pas être trop pressé pour être en forme en mai. La saison démarre tard, mais une fois lancée nous n’aurons plus de pause jusqu’en septembre. Je vais également à Saint - Raphaël (31 mars) et forcément je vais faire toutes les manches de la BMC Racing Cup (qui débute le 7 avril).
Saison VTT : Absalon : “Je déteste l'improvisation...Sur un circuit taillé pour lui, Nino Schurter (1) sera archi favori pour le titre Mondial à Pietermaritzburg. Comment faire pour le battre ?
C’est certain qu’il sera le grand favori. Pour le battre ? Je sais ce qu’il faut faire : le lâcher dans la montée ! Si on arrive ensemble dans le pierrier, il a gagné la course. Il faut que je gomme le retard que je perdais dans le pierrier les dernières saisons. Tu prends dix secondes à chaque tour dans le pierrier, ce n’est pas possible. Là aussi, je pense que les grandes roues vont m’aider. Sur les pourcentages importants, je sais que je peux le battre. 


Pour revenir sur l’actualité récente, comment as tu réagi à l’annonce des décès de ton ex-coéquipier Inaki (Lejarreta) et Burry Stander ? 


Quand Ixio (Barandiaran, manager team Orbea) m’a appelé, ça m’a foutu un sacré coup. Quand tu es en vélo sur la route, tu n’es pas grand chose face à un camion ou une voiture ! Quand je suis dans le Sud, ou même ailleurs, il ne se passe pas un jour sans qu’un abruti te serre sur la route ! Ca me rend fou ! Avant je m’énervais, mais ça ne sert pas à grand chose. Inaki était au mauvais endroit au mauvais moment. Il n’a pas fait de fautes, il est tombé sur un mec qui était sous l’emprise de drogue. Nous ne sommes pas grand chose et je me dis qu’il faut encore plus profiter de la vie. Je me dis ça depuis qu’ils sont partis. Il ne faut pas se stresser, sinon tu ne vis plus. Il faut profiter du jour.

Propos recueillis aux Gets (74) par Frédéric MACHABERT

Suivre Universalbikeracing sur Facebook et Twitter (1) : Si Schurter venait à s’imposer une troisième fois, il égalerait Henrik Djernis, triple vainqueur en 1992 et 1994.

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